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On tourne en boucle

Dimanche 3 Mars 2019, tiens, on la connait cette route, on l'a descendu il y a deux jours en revenant de San Antonio de los Cobres. Nous avons passé le village de Pumamarca, hyper touristique, porte d'entrée d'une région dont les montagnes sont des palettes de couleur, la Quebrada de Humahuaca. Nous ne nous sommes pas arrêtés entre les bus bondés, avons continué vers le sud, vers Jujuy. Dormi dans un pueblo une première nuit puis en ville le deuxième jour. N'ayant trouvé aucun intérêt à l'endroit nous avons laissé Aloys jouer dans le grand parc San Martin et en avons profité pour préparer la suite du voyage.

Et aujourd'hui nous faisons demi-tour pour repartir vers l'Ouest, vers le Chili. Cyriaque arrive Vendredi à Calama, près de San Pedro de Atacama. Nous reviendrons de ce côté de l'Argentine avec lui avant de passer en Bolivie.

Après 45 mn de montée c'est la descente de l'autre côté.

Puis la route traverse les Salinas Grandes, celles aperçues de loin sur la piste de San Antonio. Paysage surréaliste.

Après la saline le paysage se transforme en prés salés qui font le bonheur des jolies vigognes qui remplacent les guanacos sur les hauts plateaux.

Encore une grimpette, encore un effort pour Philéas qui maintient parfaitement son rythme Cordillère.

Et nous atteignons le petit pueblo de Susques à 3896 m d'altitude !  Tout en adobe, un village d'une simplicité désarmante dont les visages des habitants écrivent l'histoire des indiens Atacama . Un village qui abrite un trésor, son église de 1598 .

Couverte de chaume, entourée d'une enceinte on la croirait sortie d'un conte pour enfants. A l'intérieur, pas de fenêtres mais des murs blancs sur lesquels sont peints directement fleurs et représentations de saints. La gardienne des clés n'est pas très motivée, c'est jour de Carnaval, elle chante dans la troupe nous dit-elle. Mais elle nous ouvre de son pas lent et se déride lorsque Aloys lui offre un porte-clés Tour Eiffel et lui explique que c'est le symbole de Paris ce qu'elle ne comprend pas "c'est quoi Paris ?". Elle nous offre un remplissage d'eau pour Philéas, nous lui achetons le plus mauvais pain jamais trouvé en Argentine et qu'elle vend dans son petit Kiosco !

Le rythme lancinant du Carnaval et les maux de tête qui pointent, nous préférons avancer vers le seul hôtel-étape à quelques kilomètres de là, sur la route qui mène à la frontière. Pour avoir du Wi-Fi nous entrons et buvons un verre et c'est ainsi que nous faisons la connaissance d'Elodie et Tom, jeune couple Belge que nous invitons à dîner dans Philéas garé sur le parking, fuyant l'ambiance glauque de la grande salle de l'hôtel, son sol marron, son canapé élimé et sa télévision à fond. Pas d’alcool pour nous, le mal des montagnes se fait un peu sentir, les bouteilles de Cafayate resterons dans la soute ce soir !